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L'album Lune

Dernière mise à jour : 1 avr.


Il y a des projets qui se précipitent. Et il y a ceux qui mûrissent.


Lune appartient à la deuxième catégorie.


Huit ans de travail patient. Des boucles accumulées, des sons cherchés dans les interstices. Un album de post-math rock qui n’a jamais voulu se dépêcher — et qui a fini par imposer sa propre temporalité à son créateur.


La sortie officielle est prévue pour juin 2026. D’ici là, deux pièces sont déjà disponibles, comme une première incursion dans cet univers.


Le concept qui traverse Lune est simple, mais radical : prendre le temps.

Partage-moi l’idée de la lenteur, Sharing Thoughts About Stillness — dont le titre démesurément long rend hommage à Godspeed You! Black Emperor — et Apesanteur, Weightlessness incarnent cette idée d’un temps suspendu, d’une écoute qui cherche à ralentir la perception.


Au-delà du clin d’œil aux parrains du post-rock et à une certaine imagerie spatiale, ces titres disent quelque chose de plus fondamental :créer un espace où l’esprit se pose, où le corps cesse de lutter contre la gravité pour simplement l’habiter, le temps d’une écoute.


L’histoire des deux pièces

Partage-moi l’idée de la lenteur est née d’un paradoxe.

Sur l’album Terre (2024), une pièce existait déjà : Partager l’infini. Elle reposait sur une chorégraphie de tapping frénétique, apparue dans un élan d’inspiration difficile à saisir — trop rapide pour être pleinement comprise au moment de sa création.


Le travail qui a suivi a été un exercice de rigueur : ralentir, observer, comprendre chaque geste, note par note. Et c’est là que quelque chose s’est révélé : une fois ralenti, ce riff devenait la base parfaite d’une nouvelle pièce.


L’objectif avec Lune s’est alors précisé : comprendre chaque geste avec suffisamment de précision pour pouvoir le rejouer, l’enseigner, éventuellement le transmettre — à un groupe, ou à une forme live en loop.

Les couches se sont empilées naturellement. Ici, la recherche n’était pas la maximalisation, mais l’équilibre.

La ligne de basse, elle, est apparue d’un seul trait — un moment de pure sérendipité qui a fini par orienter toute la méthodologie de l’album :

« Dans un esprit minimaliste, l’empilement de boucles mélodiques et rythmiques a transformé les pièces en drones d’accords étendus, scintillants, sans direction harmonique fixe. Ajouter du mouvement dans les basses signifiait quitter cette ambiguïté, fixer une direction, recontextualiser ces nuages électro-mélodico-acoustiques. Avec Partage-moi l’idée de la lenteur, ce mouvement s’est imposé naturellement. Comme si chaque pièce attendait son moment. Sa propre lune. »

Apesanteur a suivi une trajectoire similaire, mais avec une autre obsession : le son.

L’intention était claire — une basse plus grande que nature. Quelque chose qui glitch, qui pousse contre ses propres limites, qui se ressent physiquement.

La ligne a été improvisée, elle aussi, dans un moment d’élan. Mais le travail sur le son a demandé des nuits entières d’essais et d’erreurs.


C’est en découvrant le travail du créateur WangleLine, notamment autour du neurobass, que de nouvelles possibilités se sont ouvertes : travailler l’attaque, le decay, le release, la phase, fusionner plusieurs sources pour sculpter une matière sonore plus profonde, plus instable, plus vivante.


La toile


En parallèle de l’album, une œuvre visuelle accompagne Lune.

Une toile éponyme originale réalisée par Myriam Boudreau (2020), format 24 x 24 pouces, airbrush sur cadre de bois, sera présentée lors du lancement en juin 2026.

Un objet unique, qui prolonge l’univers de Lune au-delà de l’écoute —et une manière de soutenir deux démarches artistiques dans un même geste.




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