𝗥𝗲𝘁𝗿𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿 𝘀𝗼𝗻 𝗽𝗿𝗶𝗻𝘁𝗲𝗺𝗽𝘀 𝗶𝗻𝘁𝗲́𝗿𝗶𝗲𝘂𝗿
- Michaël Boudreau

- 15 mai 2023
- 3 min de lecture

À l’instar du printemps, je ressors d’une hibernation. Une longue hibernation artistique qui a duré 5 ans. Après avoir lancé l’Album Soleil en 2018, j’ai senti le besoin de repenser mon rapport à la création de contenu afin de développer mon sens de l’orientation à l’intérieur des médias sociaux.
Mes raisons profondes d'œuvrer dans l’art n’ont pas changé. Depuis le départ, c’est le partage d’émotions. Tant d'artistes m’ont ouvert les yeux et les oreilles et je veux redonner en retour. C’est la thérapeutique de l’art qui m’intéresse avant tout. Pour moi-même et pour les auditeurs.
Dans mes divers emplois, j’ai pu voir cette force à l'œuvre tant de fois. Dans les centres communautaires et dans les écoles, voir des gens de tous horizons s’illuminer au contact de la musicalité.
Ma réflexion me dirige maintenant vers les possibilités d’étendre cette force. J’ai assez créé pour moi-même et j’ai le désir de faire voyager mon art. Le partage d'une émotion artistique en personne a quelque chose de si naturel et vibrant. Tous les sens en éveil, lorsque devant un public, je fais onduler les ondes sonores, j'entends le souffle de mon auditoire, je prends note de son cœur qui accélère et ralentit selon mes aléas. Je l'entends rire, pleurer, s'apaiser, s'abasourdir; je ressens tout cela même lorsqu'il se préserve dans l'expression de lui-même.
Néanmoins, avec la version numérique de cet état de partage, on entre dans un tout autre état des choses. Comme dans une immense coupole avec un bruit blanc incessant en trame de fond, où l'on tente de faire entendre notre voix, simple onde sinusoïdale participant à ce grand bruit de neige. Une coupole où les pouces et les cœurs simplifient à outrance des émotions infiniment complexes.
Pourtant, dans mon hibernation, je crois avoir saisi quelque chose. Il faut oser, il faut remplir cet espace d'émotions, de réflexions et de poésie, malgré tout. Ne serait-ce que pour prendre sa place et vaincre son syndrome de l'imposture. S'approprier une minute d'attention et se dire qu'au pire, si personne ne réagit ou si on nous juge, on viendra au moins tout juste d'occuper un espace qui autrement pourrait avoir été avalé par de la haine, de la division, de l'intolérance et tous ses états d'esprit qui s'auto-cannibalisent.
On passe tellement de temps connecté à cette grande coupole. Il faut s'affairer à la faire fleurir !
Au fond, l'apprentissage que je cultive, c'est celui de savoir déployer ses phéromones numériques. Cette belle métaphore empruntée à Jean-François Noubel, expert en intelligence collective, signifie pour moi trouver cette connexion fluide entre sa personnalité tangible et celle que l’on peut projeter en ligne.
Bref, ce que j'essaye de vous dire, c’est que je suis arrivé à mon printemps artistique. Je ressors d’un long silence ici sur les réseaux sociaux, mais je vous assure que mon hibernation s’est remplie de sonorités. J’ai préservé ce moment jusqu’à en déborder de mon être et j’éprouve une grande fébrilité à vous ouvrir ces partages audiovisuels.
À tous mes ami.e.s, ma famille, mes connaissances, mes fans, je vous invite à me prêter vos oreilles et vos yeux et si le cœur vous en dit et que ma créativité résonne avec vous, soyez mes ailes et faites voyager ma musique sur la toile. Vos commentaires et vos partages sont précieux pour moi. Merci pour vos appuis et vos encouragements.
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